Les dirigeants de la CCAT célèbrent leur première réunion à Paris après leur libération

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Après près de 500 jours d’isolement, Christian Tein et cinq autres leaders de la CCAT se sont retrouvés à Paris, marquant un événement historique pour cette organisation indépendante kanak. Ce rassemblement, tenu à la Bourse du travail, ne symbolise pas seulement une libération physique, mais aussi le retour d’une voix politique longtemps réduite au silence. Dans un contexte de tensions persistantes en Nouvelle-Calédonie, cette réunion inédite offre une occasion rare de commémoration, d’échange et de mobilisation depuis la métropole, là où les principaux dirigeants ont été déportés.

La libération des dirigeants de la CCAT : un tournant décisif à Paris

Depuis leur interpellation en juin 2024 et leur transfert forcé vers la France continentale, les membres de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) avaient vécu dans une quasi-privation de contacts avec leur terre natale et leurs proches. C’est donc un moment chargé d’émotion qui s’est déroulé à Paris, dans une salle comble, où Christian Tein et ses camarades ont partagé leur vécu.

Guillaume Vama, l’un des militants, a rappelé la dure réalité de cette séparation imposée : “Cinq cents jours sans voir notre famille, nos amis. On nous a coupés de nos droits et de notre liberté.” Un sentiment d’exil profond, accentué par un éloignement géographique de plus de 17 000 kilomètres et des conditions de détention éprouvantes, comme le récitait également Steeve Unë.

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Des obstacles administratifs au retour en Nouvelle-Calédonie

Depuis plus d’un mois, la justice française a levé les restrictions de rencontre entre ces dirigeants, leur permettant de se soutenir mutuellement et d’organiser leur combat politique depuis l’Hexagone. Cependant, le retour sur leur terre natale demeure suspendu à des démarches administratives qui tardent à avancer.

Leurs passeports d’urgence, délivrés lors de leur transfert, sont désormais expirés. “Cela fait sept semaines que nous avons déposé de nouvelles demandes, et l’État semble ralentir volontairement le processus”, déclare Yewa Waetheane, soulignant un nouvel obstacle dans leur quête de liberté pleine et entière. Dans ce contexte, seule Frédérique Muliava a pu regagner la Nouvelle-Calédonie en juin 2025.

Une organisation politique toujours sous pression judiciaire

Malgré cette libération, les dirigeants de la CCAT restent sous contrôle judiciaire, mis en examen dans le cadre des émeutes de 2024 qui ont bouleversé le territoire. Leur engagement ne faiblit pas pour autant.

Refusant l’accord de Bougival récemment proposé, ils dénoncent une instrumentalisation politique qu’ils imputent autant au gouvernement parisien qu’à certains acteurs locaux. Christian Tein n’hésite pas à accuser les institutions françaises : “Ce sont les deux chambres qui ont fait, encore une fois, le malheur de notre peuple.”

En vue des prochaines négociations autour de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, la CCAT espère un rapprochement stratégique avec le Palika, favorable à l’accord de Bougival, afin d’unifier les forces indépendantistes. “Nous partageons un même objectif : l’indépendance. Les moyens peuvent différer, mais le FLNKS fera tout pour créer cette unité nécessaire”, affirme Yewa Waetheane.

Le poids historique et politique de cette réunion à Paris

Cette première assemblée publique à Paris depuis leur libération porte une charge symbolique forte. Elle inscrit l’histoire de la CCAT dans une nouvelle ère, où la lutte kanak s’exprime pleinement depuis la métropole, lieu de grande visibilité médiatique et politique en France.

Pour ces leaders, il s’agit aussi d’une manière de faire vivre la commémoration de leur combat au-delà des océans, rappelant que la question calédonienne reste une priorité et un enjeu central pour la société française et son avenir dans les outre-mer.

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