La « Génération Bof » : une plongée politique au cœur des adolescents de 15 à 17 ans

découvrez les opinions et comportements politiques des adolescents de 15 à 17 ans, souvent appelés la génération 'bof', et leur influence sur la société actuelle.

À l’aube de 2026, une enquête exclusive réalisée auprès de 1 028 adolescents français révèle un portrait politique inédit de la jeunesse lycéenne. Loin des passions militantes des générations précédentes, ces jeunes de 15 à 17 ans s’inscrivent dans une « Génération Bof », marquée par un fort désintérêt pour les partis traditionnels, une déconnexion des clivages idéologiques classiques et une prévalence des valeurs personnelles. Entre apathie politique et réalignements inattendus, cette génération redéfinit son rapport à la citoyenneté et à la société dans un monde où médias sociaux et enjeux mondiaux se croisent.

Un éloignement marqué de la politique traditionnelle chez les adolescents

En 2025, près de la moitié des adolescents interrogés refusent de s’identifier à un quelconque parti politique, une proportion deux fois plus élevée que celle observée chez les adultes. Ce désintérêt grandissant témoigne d’un rapport singulier à la politique, où l’engagement militant semble secondaires face à une quête de sens plus personnelle et immédiate.

Cette apathie politique ne signifie pas une absence totale de positionnement, mais un rejet des cadres classiques. En effet, 35 % des jeunes avouent ne pas se situer sur l’axe gauche-droite, un doublement en comparaison avec la situation observée il y a trois décennies. Ce détachement traduit une volonté de s’affranchir des débats traditionnels pour privilégier des préoccupations plus concrètes et individuelles.

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Une jeunesse politiquement plus à droite, portée par un clivage de genre

Contre toute attente, cette distance envers la politique classique ne conduit pas à un rejet de la droite. L’enquête montre en effet un basculement générationnel : désormais, 56 % des adolescents se reconnaissent davantage à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement s’accompagne d’une fracture notable selon le genre, où 64 % des garçons se placent à droite alors que 53 % des filles restent ancrées à gauche.

Cette polarisation précoce annonce peut-être une nouvelle carte politique, façonnée dès l’adolescence, qui influencera les grandes batailles électorales à venir. Certains observateurs évoquent une forme de « dégauchisation » sensible chez les garçons, contrastant avec une féminisation de la gauche plus stable.

Un recentrage sur la sphère privée et les valeurs personnelles

Dans ce tableau, la famille et l’amitié restent des piliers incontournables, presque universellement valorisés par les adolescents. Ils représentent des refuges face à un climat politique et social parfois anxiogène. Mais cet attachement s’accompagne d’une montée du pragmatisme : la valeur de l’argent gagne en importance, atteignant 50 % de préférence chez les jeunes, soit une hausse notable de 14 points depuis les années 1980.

Paradoxalement, le travail et le progrès scientifique, autrefois moteurs d’optimisme, voient leur attractivité diminuer. Cette génération semble donc plus vigilante à la réalité économique et sociale qui l’entoure. L’appréhension du futur est moins teintée d’idéalisme que dans le passé, ce qui traduit un rapport au monde plus décontracté mais aussi plus prudent.

Les influences religieuses, entre conservatisme culturel et ouverture progressiste

Bien que la majorité des adolescents soutienne des causes progressistes telles que l’acceptation de l’avortement et des droits LGBT, les contours de leur vision morale restent complexifiés par une sensibilité religieuse encore prégnante dans certains groupes. Ainsi, un fort rejet de la critique des religions se manifeste chez plus de la moitié des jeunes, surtout parmi les pratiquants de religions traditionnelles.

Ce conservatisme culturel s’exprime également sur des sujets comme la peine de mort ou les droits liés à l’identité de genre, où les positions se fragmentent selon les affiliations confessionnelles. La pluralité des influences religieuses participe à une diversité des points de vue qui enrichit néanmoins le débat sur la citoyenneté et l’émancipation des jeunes dans la société.

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