Dans l’univers jouet, un phénomène hors norme s’est imposé en 2025 : les peluches Labubu. Créées par le géant chinois Pop Mart, ces petites créatures à l’allure malicieuse ont vu leur notoriété exploser, propulsant l’entreprise au sommet de la Bourse de Hong Kong avec une hausse spectaculaire de 600 % en un an. Cet engouement n’est pas un hasard, mêlant stratégie marketing innovante, influence de célébrités internationales, et une offre commerciale parfaitement calibrée. Décryptage d’un succès planétaire qui bouleverse les codes du collectible, aux côtés d’autres icônes comme Molly, Instinctoy, ou encore Bearbrick.
Labubu : le jouet collector qui a bouleversé le marché du jeu en 2025
Depuis son lancement par Pop Mart, Labubu s’est rapidement distingué des classiques figurines Disney ou Tokidoki par son design unique : des peluches au visage espiègle, avec de grandes oreilles et des dents pointues. Popularisées notamment par des stars mondiales comme Rihanna, David Beckham, ou encore Dua Lipa, ces petites créatures ont trouvé un écho particulier auprès de la génération Z. Emblèmes d’une esthétique assumée différente, elles captent un public large avec leur caractère « étrangement attachant » loin des canons habituels.
Le succès s’est accentué grâce au concept de « Blind Box » — les boîtes mystères — qui nourrissent l’excitation des collectionneurs à chaque déballage. À cela s’ajoutent des campagnes de rupture de stock volontaires et des ventes aux enchères spectaculaire où certaines pièces rares se négocient plusieurs milliers d’euros. Ce modèle commercial rappelle celui de Molly ou Kaws, confirmant la montée en puissance des jouets collectibles comme valeur sûre sur le marché de la pop culture mondiale.

Pop Mart : une stratégie boursière à la hauteur du phénomène Labubu
En 2025, Pop Mart est devenu l’une des valeurs les plus dynamiques sur la Bourse de Hong Kong. L’action a grimpé de 173 % à partir de janvier, culminant à une envolée totale de 600 % sur douze mois. Ce bond repose sur des résultats financiers impressionnants : le chiffre d’affaires a doublé en 2024 pour atteindre 1,55 milliard d’euros, contre seulement 300 millions en 2020. Une croissance alimentée par une forte demande internationale notamment aux États-Unis et en Europe où les ventes hors Chine représentent désormais une majorité des transactions.
Le fabricant a su tirer profit d’une marge brute exceptionnelle, flirtant avec les 67 % en 2024, dépassant largement des concurrents comme Miniso. La tarification différenciée à l’export, avec des marges atteignant parfois 75 % malgré les droits de douane, optimise la rentabilité. Selon Morgan Stanley, Pop Mart pourrait à terme égaler ses ventes américaines à celles réalisées en Chine d’ici 2028-2029.
La montée fulgurante des collections blind box : entre addiction et investissement
L’attrait pour les peluches et figurines en Blind Box a radicalement transformé le secteur du jouet. Labubu, tout comme Sonny Angel, Instinctoy ou Bearbrick, s’inscrit dans cette mouvance qui allie collection, jeu de hasard et spéculation. Les acheteurs ne savent pas quelle version ils vont obtenir, rendant chaque achat excitant et parfois lucratif si la pièce s’avère rare. Ces jouets s’échangent maintenant entre passionnés sur des plateformes spécialisées avec des prix pouvant s’envoler jusqu’à plusieurs centaines d’euros.
Mais cette popularité extrême a aussi ses revers : certaines boutiques Pop Mart ont dû suspendre temporairement leurs ventes dans des pays comme la Corée du Sud ou le Royaume-Uni en raison de scènes de chaos et de débordements. Par ailleurs, la prolifération de faux produits et sites de contrefaçons complique la vie des collectionneurs et entache la réputation de la marque, un défi que Pop Mart devra relever pour préserver son image.




