Relations avec Israël et position sur le conflit : comment la guerre au Moyen-Orient approfondit les divisions…

Alors que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie en 2026, les alliances dans le Golfe deviennent un enjeu plus volatil que jamais. Dans une région où la diplomatie a longtemps été un équilibre précaire, la récente guerre israélo-palestinienne agit comme un révélateur brutal des divergences profondes entre les pétromonarchies, bouleversant les relations internationales et redéfinissant les stratégies régionales.

Les fractures au sein du Golfe aggravées par le conflit israélo-palestinien

Les six membres du Conseil de Coopération des pays du Golfe (CGG) naviguent en eaux troubles. Le blocus du détroit d’Ormuz, maintenu depuis des mois, symbolise cette impasse géopolitique où la sécurité régionale est constamment menacée. D’une part, des pays comme le Qatar, Oman, le Koweït et l’Arabie saoudite misent sur la diplomatie et encouragent les efforts de médiation — notamment ceux menés par le Pakistan. D’autre part, Bahreïn et les Émirats arabes unis adoptent une posture plus belliqueuse, alignés avec Washington et Tel Aviv.

Cette division n’est pas nouvelle, mais la réactualisation du conflit israélo-palestinien à Gaza a exacerbé les tensions, mettant en lumière des choix politiques très contrastés. Ces divergences reflètent aussi des récits historiques et des relations différenciées avec Téhéran, qui influencent fortement la posture de chaque État face à la rue arabe et à la géopolitique régionale.

Des relations ambivalentes avec l’Iran : un facteur clé de division

La nature des relations avec l’Iran explique largement l’éclatement politique entre pays du Golfe. Oman, fidèle à une politique de neutralité, place la stabilité au cœur de sa stratégie. Le Qatar, après le blocus régional de 2017-2021, s’est rapproché de Téhéran, accusant ainsi un alignement pragmatique plutôt qu’idéologique. À l’inverse, Bahreïn, avec sa population chiite significative et sa famille dirigeante sunnite, perçoit l’Iran comme une menace directe, relevant d’une lutte d’influence qui s’étend du Yémen au Liban.

L’Arabie saoudite, bien que méfiante envers Téhéran, reste soucieuse d’éviter l’escalade. Sa participation à la médiation entre Washington et Téhéran dans la foulée du lancement des opérations contre l’Iran montre une volonté de stabiliser la région malgré la rivalité séculaire.

Les Émirats et Bahreïn, bastions de l’alliance américano-israélienne sous pression

Depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont établit une relation sans précédent avec Israël, ce qui les place en première ligne des tensions. Les représailles iraniennes se sont concentrées sur ces deux pays, particulièrement les Émirats qui ont subi près de 3000 attaques à l’aide de drones et missiles. Les infrastructures civiles et énergétiques d’Abou Dhabi et de Dubaï ont été fragilisées, ternissant l’image de stabilité économique et touristique.

Cette réalité change la donne pour les acteurs internationaux impliqués dans la paix au Moyen-Orient, la diplomatie classique se heurtant brutalement aux nécessités de défense immédiate. La coopération militaire israélo-émiratie, notamment l’introduction du système Dôme de fer, illustre cette escalade sécuritaire.

Riyad et Abou Dhabi : rivalités exacerbées dans le contexte du conflit

Loin d’être un simple désaccord sur Israël, la guerre au Moyen-Orient a ravivé la lutte pour le leadership régional entre Riyad et Abou Dhabi. L’Arabie saoudite, qui soutient désormais plus fermement la reconnaissance d’un État palestinien, a gelé son rapprochement avec Israël, provoquant un froid notable avec son voisin, dont la politique offensive est perçue comme un « cheval de Troie » israélien dans le monde arabe.

Le divorce entre ces deux géants du Golfe, entériné en 2025 après un incident militaire au Yémen, s’incarne aussi dans des décisions économiques majeures, dont le retrait des Émirats de l’Opep — un coup dur à la cohésion du cartel alors que le blocage d’Ormuz fait grimper les prix du pétrole.

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